Le mobbing peut se produire partout. Lorsqu’un enfant en est la cible, c’est souvent la pire chose qui puisse lui arriver. Dans de tels cas, la Police cantonale bernoise offre un soutien, en collaboration avec d’autres organisations et autorités.

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Lorsqu’un enfant est humilié, ridiculisé ou exclu, reçoit des messages de haine ou se fait même frapper, il s’agit de signes clairs de mobbing. Les écoles et les parents peuvent alors prendre contact avec la Police cantonale bernoise pour lui demander de l’aide.

La discussion téléphonique fictive entre deux collaboratrices du domaine prévention vous informe des situations que nous rencontrons fréquemment et de notre manière de procéder.

S: Hello Evelyne.
E: Salut Simone. Comment vas-tu?
S: Bien, merci. Je voulais te demander si tu pouvais m’aider au sujet d’une formation sur le thème du mobbing?

E: Oui, bien sûr! De quoi s’agit-il exactement?
S: Une histoire qui m’a touchée. Un élève a été la cible de ses camarades sur une durée prolongée. Maintenant, le garçon ne va plus à l’école et présente déjà des signes de maladie.

E: Qu’est-ce qui a été entrepris jusqu’à présent?
S: Une table ronde a eu lieu hier. Outre la maîtresse de classe, il y avait le travailleur social en milieu scolaire, la direction de l’école et les parents de l’élève. Lors de l’entretien, il est apparu que nous devions agir le plus rapidement possible, car il s’agissait d’injures, de menaces, de lésions corporelles auxquelles se sont ajoutées des infractions relevant du droit de la personnalité, notamment du droit à l’image. Pour cette raison, les conséquences juridiques ont aussi été thématisées.

E: Comment le jeune est-il mobbé?
S: Il était apparemment toujours plus souvent exclu et offensé par certains camarades de classe. Du fait de ces commentaires, le jeune s’est de plus en plus renfermé et a perdu confiance en lui.

Tout à coup, il a reçu des messages anonymes avec des injures et des menaces. Il a constaté que des photos de lui prises en cachette circulaient sur les téléphones portables de ses camarades de classe. A Pâques, il a subi un réel shitstorm à son sujet dans un chat. Après les vacances de printemps, la situation s’est envenimée sous l’abri à vélos. Le jeune a été frappé plusieurs fois au visage, quelqu’un a filmé la scène puis diffusé la vidéo sur les réseaux sociaux.

E: Hum, est-ce que cela ne s’appelle pas happy slapping (vidéoagression), le fait de filmer une personne que l’on frappe et de l’humilier ensuite avec le matériel vidéo publié sur les réseaux sociaux? Vilaine affaire! Et d’ailleurs, c’est illégal…
S: Oui, le happy slapping est aussi l’événement clé qui a fait que l’élève en question n’est plus aller à l’école.

E: Et personne de la classe n’est intervenu?
S: Non, malheureusement pas. Il s’agissait d’une poignée de jeunes qui ont participé au mobbing tandis que les autres regardaient, sans réagir. L’enseignante n’a été impliquée que lorsque le jeune n’est plus venu à l’école et que les parents se sont manifestés.
E: Oui, lors de mobbing, on devient auteur lorsqu’on est spectateur, car le mobbing ne s’arrêtera pas.
S: Il aurait été extrêmement important que les camarades de classe s’annoncent dès le début auprès de la maîtresse de classe. Ils ont probablement le sentiment qu’on les accuserait d’avoir «cafté». Mais, dans un cas extrême, franchir ce pas peut sauver une vie.

E: Oui, il y a régulièrement des jeunes qui ne supportent plus une situation de mobbing et ne savent plus quoi faire. Il est important que ces personnes demandent de l’aide le plus tôt possible. Et qu’avez-vous fait, à la table ronde?
S: Le jeune a déjà un rendez-vous auprès d’un service de conseil. La travailleuse sociale en milieu scolaire mène des entretiens individuels avec les auteurs du mobbing. De mon côté, des formations sur le thème du mobbing sont planifiées avec la classe en question. Est-ce que tu m’aides?

E: Oui, bien sûr! Il est très important de thématiser le mobbing. Par nos mesures, nous faisons de la sensibilisation et présentons les conséquences pénales. Une partie importante est assumée par la direction de l’école, le corps enseignant, le travail social en milieu scolaire, les services de consultation et les titulaires de l’autorité parentale. Une chose est claire: pour mettre un terme à la souffrance des personnes qui sont touchées, adultes ou adolescents, il faut une implication engagée de l’entourage. C’est une condition pour pouvoir contrecarrer le mobbing.

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Rédaction: Simone Allemann et Evelyn Krähenbühl