En avril 2020, j’ai commencé la formation pour devenir policier avec 10 autres aspirantes et aspirants. Nous sommes les premiers à suivre la nouvelle formation policière répartie sur deux ans.

Ecole de police

A partir d’aujourd’hui, nous accompagnons l’aspirant Jolan Chèvre pendant la nouvelle formation policière de deux ans. Les aspirants romands ne suivant pas leur cursus dans la même langue et au même endroit, ses contributions ne seront exceptionnellement pas traduites. C’est J. Egger qui vous fera un compte rendu de son parcours en allemand.

Avant de débuter l’école de police, j’ai fait des études à l’université de Bâle, en biologie puis en sciences pharmaceutiques. Ce n’étais pas fait pour moi. Motivé depuis très jeune par le métier de policier, attiré par son immense diversité, friand de défis, j’ai donc décidé de me lancer dans cette nouvelle aventure.

Remise du matériel et retour à la maison

J’avais déjà rencontré les autres aspirantes et aspirants, ainsi que certains instructeurs pour prendre les mesures de l’uniforme et faire la photo pour la carte de police. Nous avons commencé la formation à Ittigen en recevant notre matériel. Il est composé entre autres des pièces d’uniforme, des différents objets de la ceinture de charge, ainsi que d’un ordinateur personnel. Les instructeurs ont pris le temps de nous expliquer comment assembler, ranger et utiliser ceux-ci. Après une première prise en main de l’ordinateur pour suivre les cours en ligne, nous avons repris le chemin de la maison.

En pleine crise sanitaire, l’école a commencé de manière inhabituelle. Chacun chez soi, nous avons tout de même pu accéder au savoir des instructeurs à distance. Pas de tir, pas de self-défense, pas de tactique policière. Du moins en pratique. Tout a forcément été axé sur la théorie. Cela était plus difficile, au niveau de la concentration. La soif d’apprendre et la variété des cours m’ont permis de passer des heures passionnantes derrière l’écran. Psychologie policière, bases de l’enquête, accidents de la circulation, introduction au droit et j’en passe. Autant de leçons que d’instructeurs dévoués et passionnés. Les semaines ont passé et j’ai commencé à étoffer mes connaissances dans chaque domaine.

La pratique: des défis à relever en équipe

Après environ deux mois et demi de télétravail, nous nous sommes enfin retrouvés au centre de formation à Ittigen. Et c’est là, malgré les règles sanitaires en vigueur, que l’aventure pratique a débutée. De jour en jour, les liens entre collègues, mais aussi entre les différents domaines policiers, ont commencé à se tisser. Avec cette toile grandissante de connaissances sont aussi arrivés les premiers challenges. Tant physiques que psychologiques, des techniques de self-défense aux mini-cas de détresse psychique, le grand puzzle du métier a pris de l’ampleur. Pièce par pièce, jour après jour, la complexité a augmenté au fur et à mesure que nous emmagasinions des compétences.

J’ai pris connaissance de mes points forts et de mes faiblesses. Quand je pouvais combler les difficultés d’un ou une camarade, on venait combler les miennes dans un autre domaine. Aussi, j’ai dû faire face à des défis, que je ne voyais pas comme tels avant l’école de police. C’est là que la dynamique de groupe a porté ses fruits. En s’entraidant, tout le monde, a pu apporter sa pierre à l’édifice.

Les plaisirs de la vie en groupe

N’habitant pas dans les environs du centre de formation, j’ai bénéficié d’une chambre à Zollikofen. Nous avons passé la semaine en collocation, avec l’ambiance, mais aussi l’organisation que ça requiert pour satisfaire chacune et chacun. Si l’école a débuté à la maison, l’arrivée et la découverte du centre de formation sont venues étoffer l’image que je me faisais d’un enseignement bénéficiant d’une une infrastructure complète. Lorsque mes camarades et moi avons enfin pris nos marques, la COVID-19 est revenue et nous a obligé à quitter la collocation. Après quelques jours d’école à la maison, nous avons commencé les stages sur le terrain.

Nouveaux locaux et premiers examens

Avec ces changements vécus au cours de l’année, le déménagement à Bienne n’a été qu’une formalité. Nous avons donc entamé la dernière partie de l’école de police dans des locaux inconnus et avec une organisation différente. Nous avons appris une fois de plus à nous adapter, un point crucial dans notre métier. Cette dernière ligne droite voulait dire que les examens pointaient le bout de leur nez. Ni une ni deux, je me suis retrouvé assis avec mes collègues dans les locaux de Riedbach, pour le point final de cette année passée si vite.

Tout au long de l’année à des intervalles de trois semaines, nous avions des examens intermédiaires sur les matières étudiées en classe. Nous avons également dû passer les différents tests qui précèdent l’usage de tout moyen de contrainte (spray au poivre, bâton de police, dispositif incapacitant, arme de service). Bien qu’amateur de plats relevés, le spray au poivre a donné, l’espace de quelques longues minutes, un tout autre goût à ma vie. Les instructeurs ont également utilisé les phénomènes liés à l’actualité pour nous sensibiliser aux possibles erreurs policières et à leurs répercussions. Un apprentissage capital dans notre formation.

Cette première année de formation a été passionnante. J’ai gagné en maturité et appris tellement de choses. Je referais ce choix sans hésitations. Je me réjouis de continuer à évoluer en compagnie de mes collègues de l’école de police, puisque ça vaut la peine d’être souligné, tout le monde a réussi ses examens.

Une formation pour devenir policière ou policier vous intéresse?

Vous trouverez de plus amples informations sur la formation auprès de la police cantonale bernoise sur www.police.be.ch/professionspolice