En 2018, nous avons été mobilisés en moyenne 16 fois par jour pour des accidents de la circulation. Dans la plupart des cas, il ne s’agissait que de dégâts matériels, mais plusieurs personnes sont décédées sur les routes bernoises. Dans un interview, le chef Circulation, nous explique comment les usagers peuvent éviter les accidents en faisant preuve d’égard.

Markus Haldemann, chef Circulation de la police cantonale bernoise, comment la sécurité s’est-elle développée sur les routes bernoises?

Le développement est en principe très réjouissant. En effet, les routes bernoises comptent bien moins d’accidents qu’il y a encore dix ans. Cependant, l’année dernière aussi, les accidents de la circulation ont fait 3348 blessés et 34 personnes, dont des enfants, ont perdu la vie. Nous sommes tous sollicités: chaque accident est un accident de trop!

Quels sont les usagers de la route les plus touchés?

Sur les 34 personnes qui ont perdu la vie lors d’accidents, 20 étaient des piétons, des cyclistes ou des conducteurs d’e-bike. Parmi les blessés aussi, la moitié des cas environ étaient des usagers de la mobilité douce. Ces derniers étant les plus vulnérables, les accidents peuvent rapidement avoir des conséquences graves et tristes. C’est la raison pour laquelle la poca a décidé de fixer à nouveau la mobilité douce comme priorité cette année.

Où les accidents se produisent-ils le plus et quelles en sont les causes les plus fréquentes?

L’année dernière, plus d’un accident de la circulation sur deux enregistré par la police s’est produit en localité. Si l’on prend en considération tous les accidents, il s’agit la plupart du temps de dérapages, de pertes de maîtrise, de collisions par l’arrière et de non-respect de la priorité au moment d’obliquer. Dans ce contexte, on remarque à quel point faire preuve d’égard peut contribuer à éviter des accidents.

Comment les usagers de la route peuvent-ils contribuer à faire baisser le nombre d’accidents?

C’est exactement l’objectif de notre campagne de prévention. Avec une pointe d’humour, nous rendons les usagers de la route attentifs à certaines caractéristiques animales qui n’ont rien à faire sur la route, en indiquant par exemple qu’il ne faut pas manquer d’égard et «foncer tête baissée», «caqueter sur la route» ou «brûler le feu Rouge». On se met ainsi soi-même et les autres en danger. Il est essentiel d’être responsable, en particulier par égard aux usagers de la route plus vulnérables. Les enfants, par exemple, ont du mal à comprendre le trafic et traversent souvent la route par surprise. Vous trouverez plus de conseils sur: www.police.be.ch/un-oeil-sur-tout

Que fait la police?

Toute l’année, nous menons des actions dans l’ensemble du canton en fonction de la saison et des phénomènes correspondants. Ainsi, durant la phase de l’année où les journées sont plus courtes, nous mettons l’accent sur le sujet de la lumière et de la visibilité. Maintenant, avec le temps qui s’adoucit, la saison des vélos et des e-bike est à nouveau ouverte. Nous sensibiliserons donc dans les semaines à venir les cyclistes sur l’équipement adéquat et le comportement correct à adopter dans le trafic. Nous effectuerons aussi des contrôles répressifs. Dans une deuxième phase, nous infligerons donc des amendes ou dénoncerons les infractions concrètes. Pile pour la rentrée scolaire, nous nous concentrerons sur le chemin de l’école et la sécurité des enfants et serons, de ce fait, présents autour des écoles.

On entend parfois dire que la police inflige des amendes car elle a besoin d’argent?

Oui, nous l’entendons régulièrement. Cela est faux, nous n’avons pas de prescriptions budgétaires. Nous faisons cela pour la sécurité. Malheureusement, notre travail ne fait souvent effet qu’à partir du moment où il faut sortir le porte-monnaie. Ce type de contrôles nécessitent en outre des ressources en personnel importantes, étant donné que tout le monde doit être traité de la même manière à des endroits très fréquentés. De plus, l’usager prend à lui seul la décision de ne pas respecter le code de la route, qui vise à assurer la sécurité de tous. En prenant cette décision, il doit toutefois en assumer les conséquences juridiques et prend, dans le pire des cas, le risque de provoquer un accident grave. Cela vaut toujours la peine de respecter le code de la route!

Quel moyen de transport utilisez-vous le plus souvent comme chef Circulation de la poca?

J’utilise régulièrement le véhicule de service ou ma voiture privée. J’obtiens ainsi un aperçu direct de ce qui se passe sur les routes.