Les amateurs de sport d’hiver se réjouissent de la neige, tandis que sur les routes, l’or blanc procure moins de joie. Pour les équipes de déneigement de l’Office des ponts et chaussées du canton de Berne, la période hivernale signifie avant tout une grande masse de travail. Grâce à des moyens techniques modernes et un système d’avertissement de haute technologie, elles se battent contre la neige, le verglas ainsi que la glace tout en s’engageant pour des routes praticables et sûres.

La quantité importante de neige tombée cet hiver réjouit les amateurs de sport d’hiver. En revanche, les automobilistes devraient éprouver bien moins de plaisir: distances de freinage allongées, tenue au sol diminuée – sans parler de la formation de givre sur les vitres. Les équipes hivernales de l’Office des ponts et chaussées du canton de Berne (OPC) veilleront toutefois à ce que la neige, la glace ou le verglas ne s’amassent pas sur les routes cantonales et nationales.

Préparation en vue d’un hiver en toute sécurité

Les préparatifs relatifs à ces engagements hivernaux débutent en été déjà. Jusqu’à la fin octobre, les divers véhicules et chasse-neige sont révisés afin d’affronter l’hiver, la signalisation hivernale est mise en place et les dépôts de sel sont remplis au maximum. Afin de garantir le service sur les routes nationales du canton, quelque 3’000 tonnes de sel sont nécessaires. Si l’hiver s’avère rude, cette quantité peut même doubler. Le sel destiné aux semi-autoroutes et autoroutes est entreposé dans l’enceinte des centres d’entretien de Berne et Gesigen. L’an dernier, l’ancien entrepôt de stockage de Berne a été remplacé par trois silos. Chacun d’entre eux est doté d’une capacité de 900 mètres cubes de sel, ce qui en fait les plus grands de la sorte en Europe.

Pulvériser au lieu d’épandre

Une trentaine de véhicules sont engagés durant l’hiver sur les seules autoroutes bernoises. A la différence des routes communales ou cantonales, le sel n’est désormais plus épandu sur la route mais pulvérisé. «Cette technique s’est imposée ces dernières années lors de l’entretien hivernal des routes nationales», indique Martin Rösti, responsable du domaine Routes nationales exploitation de l’OPC. L’avantage principal réside dans le fait que le sel réagit uniquement lorsqu’il est en contact avec l’eau. Le sel épandu de manière préventive sur les routes sèches afin d’éviter la formation de verglas lors de pluie givrante adhère moins bien à la chaussée, se disperse et finit souvent là où il ne sert à rien: en bordure de route.

Le sel pulvérisé réagit quant à lui différemment: «La distribution est meilleure et l’effet sur le long terme également», selon Martin Rösti. De plus, la pulvérisation permet en une seule course de répartir le sel sur une largeur allant jusqu’à douze mètres – soit plusieurs voies de circulation – ce qui réduit la consommation de sel par kilomètre.

Système d’avertissement précoce pour les changements de temps brusques

Si un temps sec et froid permet aux responsables météorologiques de prévoir et ainsi de

gérer au mieux la situation, c’est évidemment une météo instable qui préoccupe les collaboratrices et collaborateurs de l’OPC. « Cela devient particulièrement critique lorsque le point de condensation est supérieur à la température de l’air », précise Martin Rösti. L’humidité peut ainsi se déposer sur la chaussée, ce qui représente la cause principale du verglas. Afin d’éviter ce danger – et de garder Ded Moroz sous contrôle –, les spécialistes de l’Office des ponts et chaussées disposent d’un système astucieux d’avertissement précoce et de prévision. Des stations de mesures sont installées à 28 endroits sur le réseau des routes nationales afin de livrer des données concernant les conditions météorologiques et l’état des routes. Elles permettent par la suite d’effectuer une appréciation de la situation réelle et d’établir des prévisions fiables quant à l’évolution.

Agir vite en cas de neige ou de verglas

Afin d’optimiser l’entretien hivernal même lors d’un brusque changement météorologique, les données sont surveillées en permanence au centre de contrôle de l’OPC. En effet, si la situation doit soudainement se péjorer, l’OPC est aussi tenu de respecter des délais d’engagement. Ainsi, selon l’Office fédéral des routes (OFROU), les équipes de déblayage doivent se rendre au centre dans les 30 minutes qui suivent l’alerte. Le déneigement des routes et le salage de la chaussée doivent ensuite être effectués dans un délai de deux heures. «Cela exige de la planification ainsi qu’une rigoureuse organisation des services de piquet», explique Martin Rösti. Bien que l’hiver implique beaucoup de travail et engendre des heures supplémentaires, cette période de l’année n’est pas considérée de manière négative par les employés. «Nous aimons l’hiver. Les usagers de la route apprécient d’apercevoir nos véhicules et cela nous fait plaisir.»