Entrer à la police scientifique?

La police scientifique du canton de Berne est toujours engagée en vue de clarifier une infraction pénale. Que ce soit un cambriolage, une lésion corporelle ou une mort suspecte: ses techniciennes ou techniciens mettent en sûreté les traces, les documentent et les analysent. Mais, au fait, comment devient-on technicienne ou technicien à la police scientifique?

© Police cantonale bernoise

Fort de quelques 90 membres, le domaine forensique fait partie de la police judiciaire bernoise et comprend notamment la police scientifique (pol sci), qui travaille en service aussi bien externe qu’interne.

Toute personne intervenant en service externe (SE) assure des piquets et se rend sur le lieu de l’événement pour mettre en sûreté les traces afin de les analyser plus tard. Les spécialistes du service interne analysent également des traces, rédigent des rapports et des expertises. Les deux services collaborent étroitement. Selon la fonction, il est possible d’entrer à la police scientifique de différentes façons.

Deux voies permettent de rejoindre son service externe: la carrière de police ou les études en sciences forensiques. Maya Wauschkuhn et Mathilde Jolliet, deux de ses collaboratrices, nous décrivent leur parcours.

Mathilde Jolliet (à gauche) et Maya Wauschkuhn (à droite) © Police cantonale bernoise

Rejoindre la pol sci SE après un parcours policier

Maya Wauschkuhn exerce son métier auprès de la police scientifique bernoise depuis 2011 et occupe aujourd’hui la fonction de cheffe de groupe suppléante. Elle a suivi la voie policière classique.

Après un apprentissage d’employée de commerce en milieu hospitalier, Maya Wauschkuhn a travaillé plusieurs années dans la santé, avant de décider de suivre l’école de police. Elle a ensuite exercé différentes fonctions au sein de la Police cantonale bernoise, puis a postulé à la pol sci. Une formation interne d’environ trois mois a rapidement fait place aux premières interventions. Il a soudain fallu prendre seule des décisions – un grand changement par rapport au travail d’équipe en uniforme, mais elle a toujours pu compter sur un soutien: questions, deuxième avis et échanges font encore partie de son quotidien aujourd’hui.

Rejoindre le service externe suite à des études en forensique

Mathilde Jolliet s’est frayé un chemin jusqu’à la police scientifique par la voie universitaire. Après le gymnase, elle a achevé ses études en sciences forensiques à Lausanne – seule filière de ce genre en Suisse. Francophone, cette filière est moins connue en Suisse alémanique.

Durant son bachelor en sciences forensiques et son master avec spécialisation en criminalistique chimique, Mathilde Jolliet a fait ses premières expériences pratiques lors de stages sur le terrain, notamment à la police scientifique bernoise. Elle a ensuite travaillé presque une année auprès du service d’identité judiciaire de la Police cantonale soleuroise, avant de rejoindre la poca bernoise. La voie suivie par Mathilde montre qu’il est aussi possible de mettre le pied à l’étrier dans un service externe après des études forensiques. Les emplois sont néanmoins rares et l’expérience pratique, par exemple lors d’un stage, est décisive.

Que fait le service externe de la pol sci?

Le travail quotidien est très varié et imprévisible. Les spécialistes de la police scientifique interviennent lors de différents événements: des cambriolages aux décès en passant par des lésions corporelles. Un constat est effectué sur place, les éventuelles traces sont mises en sûreté et documentées, puis analysées en laboratoire et font l’objet d’un rapport au bureau.

Entre défis et fascination

Horaires irréguliers, interventions nocturnes, manipulation de morts et situations émotionnelles font partie du lot. Les interventions avec des proches sur place ou touchant des enfants peuvent être particulièrement lourdes. Aussi bien Maya Wauschkuhn que Mathilde Jolliet soulignent à quel point il est important de garder une distance professionnelle, des processus clairs et de cibler son attention sur le travail. Malgré cela, toutes deux aiment le changement, les responsabilités et le sens de leur travail.

Le service interne de la pol sci

Les spécialistes de la pol sci en service interne s’occupent, outre des traces transmises par le service externe, de traces spécifiques comme celles des documents, écritures, de l’analyse forensique d’image, des armes à feu ou des microtraces. Par ailleurs, ils et elles ont la responsabilité d’identifier le lien entre les traces, les éventuelles séries, et d’établir des portraits-robots. Ces activités spécialisées ont avant tout lieu en laboratoire ou au bureau.

Le service interne fait non seulement appel à des policières ou policiers, mais également à des spécialistes disposant de bagages et qualifications professionnelles différentes. On peut commencer à travailler là où sont relevées des empreintes et des données anthropomorphiques personnelles comme le signalement, les tatouages, les cicatrices ou l’ADN, sans avoir suivi de carrière policière.

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