Ensemble contre le racisme: comment réagir face aux crimes de haine?
Une insulte lors d’un match de football, un harcèlement dans un tram: que faire si je suis confronté au racisme ou si j’en suis témoin? Et comment agit la Police cantonale bernoise?

Un cri fuse depuis les supporters de l’équipe adverse. Il vise la seule joueuse noire de l’équipe. Du côté des visiteurs, certains rient. Dans les tribunes locales, le silence est pesant. La joueuse visée est sous le choc. L’insulte la réduit à la couleur de sa peau et porte profondément atteinte à sa dignité.
Changement de décor, dans un tram. Un passager est pris à partie par son voisin: d’abord verbalement, puis par de légers coups répétés. Ce dernier recourt à des stéréotypes racistes. Tout le tram reste silencieux. La victime ne réagit pas et descend à l’arrêt suivant. Une fois le tram reparti, une passagère regrette de ne pas être intervenue.
Ces deux situations sont fictives, mais s’inspirent de cas réels, tant par leur déroulement que par leur contexte. Les actes racistes peuvent survenir dans de nombreux espaces du quotidien, que ce soit dans les loisirs ou les déplacements. Ils prennent des formes diverses: violence physique, propos humiliants ou remarques irréfléchies, parfois sans intention malveillante. Rien de tout cela n’est acceptable. Chacun est libre d’exprimer son opinion, tant que cela ne porte pas atteinte à autrui — notamment par des insultes, des menaces, des propos discriminatoires ou des appels à la violence.
Le droit suisse fixe clairement ces limites: l’article 261bis du Code pénal sanctionne les propos et actes publics qui portent atteinte à la dignité humaine en raison de l’origine, de la «race», de la religion ou de l’orientation sexuelle, ou qui incitent à la haine et à la discrimination. L’incitation publique à la violence ou à des crimes est également punissable (art. 259 CP). Selon les cas, d’autres infractions peuvent entrer en ligne de compte, comme l’injure (art. 177 CP) ou les voies de fait (art. 126 CP). Par ailleurs, certains propos discriminatoires peuvent aussi constituer une atteinte à la personnalité au sens du droit civil (art. 28 CC).
Que peuvent faire les personnes concernées?
En cas de discrimination, de harcèlement ou de violence, la sécurité des personnes concernées est prioritaire. En situation d’urgence, il convient d’appeler immédiatement le 112 ou le 117.
Les personnes souhaitant déposer plainte peuvent s’adresser à n’importe quel poste de police ou directement au Ministère public.
Tu es témoin d’une situation problématique?
Le courage civique consiste à ne pas détourner le regard et à prendre position — sans se mettre en danger. En cas de violence ou de menace, il est important d’alerter immédiatement le 112 ou le 117 et, si possible, de solliciter l’aide d’autres personnes à proximité.
Dans des situations moins critiques, une présence calme peut déjà faire la différence. Montrer à la personne concernée qu’elle n’est pas seule — par exemple en lui disant «Je suis là» — peut avoir un impact important.
La manière dont les témoins peuvent intervenir dépend de la situation:
- Priorité à la sécurité: garder ses distances peut aider à apaiser la situation. En cas de danger, il faut se retirer.
- Rester calme et désamorcer: adopter un ton posé et formuler des messages clairs («Je trouve cela inacceptable») permet de fixer des limites sans aggraver la situation. Éviter les insultes ou la provocation.
- Agir directement ou indirectement: selon le contexte, on peut s’adresser à la personne concernée ou chercher du soutien (personnel, enseignantes et enseignants, responsables, etc.).
- Détourner l’attention: une distraction peut parfois désamorcer la situation. Il est ensuite important de reprendre contact avec la personne visée.
- Après l’incident: demander simplement «Est-ce que ça va?», ou «As-tu besoin d’aide?», cela montre du soutien et de la solidarité.
Soutenir les personnes concernées
- Écouter et prendre au sérieux: les personnes touchées doutent souvent d’elles-mêmes. Dire clairement «Ce n’était pas acceptable» peut les soulager. Il s’agit ensuite de rétablir un sentiment de sécurité (s’éloigner, accompagner, offrir un espace calme).
- Montrer les possibilités de soutien: en ligne notamment, il peut être utile de conserver des preuves (captures d’écran, notes, horaires) et d’orienter vers des services de conseil ou de signalement. La personne concernée reste toutefois libre de décider de la suite.
Que fait la Police cantonale bernoise?
La Police cantonale bernoise s’engage depuis plusieurs années contre les crimes de haine et les discriminations. Elle mène des actions de prévention et de sensibilisation, et favorise le dialogue avec différents acteurs de la société. Cela comprend notamment l’élaboration de supports d’information, des formations internes pour les collaboratrices et collaborateurs ainsi que la participation à des rencontres spécialisées et à des réseaux interdisciplinaires.
En collaboration avec plus de 30 communautés religieuses, organisations indépendantes, autorités, institutions de formation et autres partenaires, la Police cantonale bernoise a lancé l’initiative «Ensemble contre la haine». L’objectif est de lutter de manière déterminée et concertée contre toutes les formes de criminalité haineuse. La diversité du canton de Berne est valorisée et chacun est encouragé à s’engager pour la tolérance, le respect et le vivre-ensemble.
👉 Plus d’informations, conseils pratiques et points de contact: www.police.be.ch/hatecrime
La Police cantonale bernoise participe à la semaine d’action
Du 21 au 28 mars 2026, la ville de Berne organise la semaine d’action contre le racisme, placée cette année sous le thème des loisirs. Le 26 mars 2026, la Police cantonale bernoise y a pris part avec l’atelier «Ensemble contre les crimes de haine», animé par Michelle Kaser, co-responsable du service juridique, et Michèle Seewer, du service spécialisé Passerelle.
Environ 25 personnes ont participé à cet atelier, qu’elles soient directement concernées par le racisme ou non. À partir d’exemples concrets, les intervenantes ont présenté les bases légales et les possibilités d’action. Les échanges avec les participantes et participants ont constitué un élément central de la soirée.
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