Lorsque la proximité devient dangereuse
Le harcèlement, c’est lorsque deux personnes partent se promener, mais qu’une seule d’entre elles le sait… Ce qui paraît drôle ne l’est pourtant pas. Il est rarement question de violence au début, mais plutôt d’une attention non souhaitée – avec une proximité ressentie comme du contrôle. Cela ne paraît pas grave vu de l’extérieur, mais marque sou-vent le début insidieux d’une perte de contrôle pour les personnes concernées.

Le harcèlement est une persécution systématique et répétée. Par exemple, lorsqu’une personne prend sans cesse contact avec une autre sans son accord, la harcèle, la (pour)suit ou lui offre des cadeaux dont elle ne veut pas. Le harcèlement ne se manifeste généralement pas dans des actes isolés, mais dans un schéma. Les récidives et l’effet sur la personne concernée sont décisifs. Ce qui paraît inoffensif et banal de l’extérieur, peut être stressant et limitant pour elle. Par exemple, la personne se sent tout le temps observée, adapte son emploi du temps, évite certains endroits ou a peur d’autres prises de contact. Des messages ou des commentaires sur les canaux numériques tels qu’Instagram, Facebook, etc. peuvent générer une pression.
Les formes typiques de harcèlement sont:
- prendre contact de façon répétée – en personne, par téléphone ou en ligne;
- observer ou (pour)suivre dans l’environnement tant privé que professionnel;
- des messages ou des cadeaux non désirés;
- menacer ou répandre des rumeurs;
- cyberharceler sur les réseaux sociaux.
Le dénominateur commun: le non-respect des limites. La prise de contact unilatérale n’est pas un comportement anodin.
Nouvelle infraction punissable dès 2026
Depuis le 1er janvier 2026, le harcèlement est une infraction individuelle ancrée dans la loi à l’article 181b du code pénal suisse. Quiconque, obstinément, traque, importune ou menace une personne d’une manière propre à l’entraver considérablement dans la libre détermination de sa façon de vivre, se rend punissable, et risque une peine privative de liberté de trois ans au plus ou une peine pécuniaire. La poursuite pénale n’a lieu que sur plainte. La police n’agit donc que lorsque la personne concernée dépose plainte. Le nouvel article pénal ne change pas tout – mais il clarifie la situation. Il permet de reconnaître un schéma plus tôt, de prendre les risques au sérieux et de ne pas les bagatelliser ni de les qualifier d’«anodins» ou «dus au hasard». Celui ou celle qui se sent menacé ou restreint dans ses mouvement a le droit d’être pris au sérieux et d’obtenir de l’aide.
Pourquoi les personnes concernées tardent-elles souvent à s’annoncer?
Le harcèlement passe fréquemment inaperçu pendant longtemps. Il ne laisse pas forcément de scènes de crime visibles, mais souvent un sentiment d’insécurité et une restriction dans la liberté de mouvement personnelle au quotidien. Bien des personnes touchées par le harcèlement hésitent à s’adresser à la police, notamment lorsque la ou le partenaire actuel ou encore l’ex-partenaire sont impliqués. Les dépendances émotionnelles, sociales ou financières par rapport aux auteurs ou auteures peuvent par ailleurs empêcher de faire le premier pas, celui de s’adresser à la police. Souvent, l’espoir est nourri que le comportement cessera de lui-même et que tout reviendra dans l’ordre. Parfois, les personnes touchées pensent qu’elles interprètent mal les évènements ou craignent de ne pas être prises au sérieux.
Que faire en cas de harcèlement?
La protection la plus efficace contre le harcèlement est de rompre tous contacts de façon conséquente. Ne pas réagir aux appels, messages ou courriels, et refuser tous cadeaux. De plus, il est judicieux d’informer son entourage, afin que les proches, les amis et amies et les collègues de travail le sachent et puissent apporter leur soutien. Il est également important de monter un dossier avec soin et de documenter tous les incidents: date, heure, lieu et éventuels témoins. Ces informations pourront servir de base importante plus tard pour la suite des démarches. Demandez conseil à service spécialisé, par exemple le service spécialisé harcèlement et la violence domestique de la Ville de Berne ou l’ aide aux victimes Berne.
Le harcèlement commence silencieusement. Le nouvel article de loi permet de s’y attaquer.
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