Quels sont les différents types de cyberphénomènes?

De nombreuses et différentes infractions sont aujourd’hui commises dans l’espace numérique. Il n’est pas facile de garder la vue d’ensemble de ces phénomènes les plus divers. Cet article a pour but d’informer et de donner un bref aperçu des cyberphénomènes les plus courants.

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La criminalité numérique et la cybercriminalité désignent les infractions dans lesquelles les technologies numériques ou l’Internet sont soit l’instrument soit le lieu de l’infraction. Ces actes ne pourraient pas être commis sans ordinateur, smartphone ou Internet, ou du moins pas sous cette forme. Aujourd’hui, ils ne sont depuis longtemps plus un phénomène marginal, mais font partie intégrante de la criminalité actuelle. Les auteurs exploitent les possibilités numériques de manière anonyme, rapide et au-delà des frontières nationales. Dans cet article, nous vous proposons un aperçu des cyberphénomènes les plus courants dans l’espace numérique.

Quelle est la différence entre criminalité numérique et cybercriminalité?

La criminalité numérique englobe des infractions classiques qui existent depuis longtemps, mais qui sont de plus en plus souvent commises dans l’espace numérique. Cela signifie que ces actes pourraient également être commis hors ligne, mais sont plus faciles, plus rapides ou plus anonymes en ligne.

La cybercriminalité a lieu exclusivement en ligne, soit dans l’espace numérique.

Cyberescroquerie – forme la plus courante de criminalité numérique

Les escroqueries représentent une grande partie de la criminalité numérique. Dans le cas de la cyberescroquerie, les auteurs utilisent l’Internet, c’est-à-dire les courriels, les réseaux sociaux ou les applications, pour obtenir de l’argent ou des biens, en trompant par exemple délibérément les gens avec de fausses déclarations ou en dissimulant des informations importantes. Dans d’autres cas, les auteurs manipulent les systèmes informatiques ou utilisent les voies de communication, notamment pour déclencher des paiements. La cyberescroquerie ne vise pas seulement des personnes privées, mais aussi des entreprises.

Les cas typiques de cyberescroquerie sont: la fraude à la commission, l’arnaque aux sentiments (romance scam) – où les auteurs visent une intimité émotionnelle pour ensuite demander de l’argent –, l’escroquerie à la commande ou les boutiques en ligne frauduleuses.

Abus de tiers

Pour ce type d’escroquerie, les auteurs se servent d’autres personnes comme intermédiaires, les dénonmmées money mules (blanchisseurs d’argent). Ces derniers font transiter de l’argent ou des marchandises provenant d’activités criminelles, souvent sans savoir qu’ils font partie d’une fraude. La transaction a par exemple lieu de bonne foi ou par nécessité financière. Les personnes concernées peuvent faire l’objet de graves conséquences juridiques, même si elles n’ont pas conscience d’être en faute.

Attaques contre les données et les systèmes

Pour ce genre d’infrations, les auteurs s’attaquent de manière ciblée à des infrastructures numériques telles que des ordinateurs, des réseaux ou des comptes en ligne, obtenant ainsi un accès non autorisé. Ils espionnent, modifient ou suppriment des données ou usurpent l’identité numérique de personnes.

Attaques numériques par maliciels

« Logiciel malveillant » – ou maliciel – est un terme générique désignant les programmes développés intentionnellement pour endommager des ordinateurs, des smartphones ou des réseaux entiers. L’objectif est par exemple de subtiliser des données, de modifier des fichiers, de paralyser des systèmes ou de contrôler secrètement des appareils – généralement sans que la personne concernée ne s’en rende compte. L’infection se produit souvent lorsqu’une personne ouvre une pièce jointe ou un lien manipulé dans un courriel, visite un site Web non sécurisé ou lors de failles de sécurité dans les programmes ou les mises à jour. Les maliciels peuvent également être utilisés pour préparer d’autres étapes – comme le phishing (hameçonnage)1), la fraude ou l’extorsion. Ils peuvent toutefois aussi causer des dommages directs en supprimant, en modifiant ou en utilisant frauduleusement des données.

Atteinte à la liberté personnelle

Les infractions numériques contre la liberté portent délibérément atteinte à la vie privée et à la sécurité des personnes.  Les auteurs font souvent pression sur leurs victimes et les menacent. La contrainte ou l’extorsion en sont des exemples. Les auteurs menacent par exemple de diffuser sur le Web des contenus embarrassants, compromettants ou sexualisés.

Atteinte à l’honneur et la réputation

L’espace numérique est souvent la scène d’atteintes à la réputation et à la dignité de personnes ou d’entreprises. Il s’agit d’actes sur Internet qui portent délibérément atteinte à la réputation ou qui dénigrent publiquement des personnes. Si ces attaques visent des entreprises, par exemple sous la forme de déclarations fausses ou portant atteinte à la réputation, il s’agit de cyberatteintes à la réputation. Mais lorsqu’une personne est diffamée ou harcelée par des contenus injurieux ou mensongers, on parle de cyberharcèlement ou de cyberintimidation.

Délits numériques d’ordre sexuel

Les délits numériques d’ordre sexuel sont des infractions commises sur Internet qui portent atteinte à l’autodétermination sexuelle des personnes. L’obtention, la diffusion ou la consommation de pornographie interdite via Internet en fait par exemple partie. Cela inclut aussi la prise de contact en ligne par des adultes avec des mineurs dans l’intention de commettre des actes sexuels – cette pratique est également appelée « grooming » (pédopiégeage).

Infractions cyberassistées

Les infractions cyberassistées sont des infractions classiques facilitées ou rendues possibles sur Internet ou le darknet2). Les auteurs utilisent par exemple des marchés spéciaux sur le darknet pour négocier illégalement des marchandises:vente ou achat d’armes, de stupéfiants, de médicaments ou de marchandises volées et revendues illégalement.

1) Phishing (hameçonnage): Les criminels tentent d’amener d’autres personnes à divulguer leurs mots de passe ou d’autres informations personnelles.

2) Darknet: Partie cachée d’Internet qui n’est accessible qu’avec un programme ou un navigateur spécial. Il offre un meilleur anonymat et est donc utilisé, entre autres, pour des activités illégales.

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